Imaginez un laboratoire de chimie grand comme des milliers de systèmes solaires, où les températures frisent le zéro absolu et où des molécules se forment par des mécanismes que même nos meilleurs physiciens peinent à modéliser. Ce laboratoire existe : c'est l'univers lui-même. Trois études récentes viennent d'en percer de nouveaux secrets, des vents soufflant autour des étoiles géantes jusqu'aux disques de poussière qui donnent naissance aux planètes.
Les vents des étoiles géantes, enfin cartographiés
Les étoiles massives sont les monstres de l'univers stellaire. Elles projettent dans l'espace des vents d'une violence inouïe, chargés de particules et de rayonnements qui sculptent les galaxies environnantes. Jusqu'à présent, les scientifiques modélisaient ces vents grâce à des équations complexes, mais sans jamais pouvoir les mesurer directement à la source. Une première vient d'être accomplie grâce à AzV 75, un système de deux étoiles massives qui s'éclipsent mutuellement dans le Petit Nuage de Magellan, une galaxie voisine de la nôtre. En combinant les données du télescope spatial Hubble et des observatoires au sol, les chercheurs ont réussi à cartographier pour la première fois les régions précises où se forment les lignes spectrales caractéristiques de ces vents. C'est un peu comme localiser exactement l'endroit dans une usine où est fabriqué un produit, plutôt que de l'identifier seulement à la sortie. Ces résultats permettront d'affiner les modèles théoriques et de mieux comprendre comment ces astres titans influencent l'évolution des galaxies.